06.12.2008

On l'a échappé belle !

Hier, vers 11h, je rentrais dans ma classe et installait mes affaires sur le bureau en attendant les élèves lorsque j'entendis S., mon colègue d'histoire géographie dans le couloir. Il y avait dans sa voix autoritaire une nuance inhabituelle et inquiétante. Mes élèves n'étant toujours pas arrivés (à mon grand étonnement), je sortis de la salle pour voir que les portes coupe-feu étaient fermées à l'une des extrémités et que S. interdisait à un groupe d'élèves de les franchir.

Intriguée, je m'approchais et lui demandais de quoi il retournait. Il répondis, contenant son angoisse, panique inquiétude: Il y a un obus dans ma salle et je ne sais pas s'il est désamorcé (Stupeur!!!)

Immédiatement, je l'ai donc aidé à évacuer dans le calme les élèves et quelques profs présents encore dans les couloirs.

Tout d'abord, comme dans l'équipe éducative ne se trouvait aucun spécialiste des armes de 14-18, nous sommes tous allés dans une salle à l'opposé du bâtiment, puis, sur avis des démineurs, vers 11h30, nous avons fait évacuer le collège et sommes allés nous réfugier dans le gymnase.

Tout cela sur fond de rumeur grandissante parmi les élèves à qui nous n'avions pas dit de prime abord ce qui se passait. Mais bien entendu, certains étaient au courant car l'élève qui avait eu l'idée saugrenue d'apporter un obus en cours alors que la guerre de 14-18 n'était même pas au programme de sa classe, n'avait pas pu s'empêcher de le montrer aux camarades qui attendaient le bus scolaire avec elle le matin même.

En écoutant les élèves parler, nous apprîmes donc que le-dit obus était déjà tombé plusieurs fois car certains avaient voulu jouer avec sous l'arrêt de bus (Horreur!!!) et qu'il avait été soumis à des différences de températures importantes au cours de la matinée : 0° dehors, 25° dans le bus, 20° dans les classes... (Damnation!!!)

Entre le collège et le gymnase, naturellement, il faut imaginer les élèves excités par l'événement et courant partout, ceux qui paniquent et font soit une bonne crise de larmes soit une crise d'asthme et ceux qui avec leur portable, appellent leurs parents. Il fut bien difficile et parfois impossible de faire comprendre à ces derniers qu'un périmètre de sécurité les empêcherait d'atteindre leur progéniture, qui d'ailleurs était en sécurité avec nous.

Arrivés au gymnase, le chef d'établissement pris la parole pour nous indiquer que les démineurs étaient désormais sur place, que l'obus était effectivement chargé (et instable vu ses 90 ans d'âge) mais qu'on ne savait pour l'instant pas s'il s'agissait d'un obus explosif ou à gaz, auquel cas la situation pouvait être bien préocupante...

Vers 12h30, enfin, on put repartir vers le collège la cantine car les démineurs avaient terminé leur travail et emporté l'objet de toutes les discussions.

Là, atablés devant un bon repas, nous (les profs) apprîmes de la bouche même du chef que l'arme était un obus à billes, mortelles à 1km de distance ! ...

On n'était décidément pas passé très loin d'une catastrophe...

obus etain.jpeg

 

Commentaires

!!!!!!

Ecrit par : eh m'dam | 06.12.2008

Sacrée histoire !
J'avais vu l'info sur les sites lexpress.fr et lepost.fr

Félicitation pour la gestion de la crise.

Ecrit par : Bertaga | 08.12.2008

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